Isaparis75

Sous le Ciel de Paris, par Isabelle Esling

8
jan 2013
Posté dans livre par isaparis75 à 6:07 | Pas de réponses »

 

 

 

Sous le Ciel de Paris, par Isabelle Esling, sera disponible en version papier chez Delizon Editions le 1er Fevrier 2o13.

Bonne lecture:)DATE OFFICIELLE DE PUBLICATION sous-le-ciel-de-paris-cover1-216x300

30
juil 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 11:30 | Pas de réponses »

Mon recueil de nouvelles  Sous le Ciel de Paris a trouvé son éditeur à compte d’éditeur!

Vous serez donc bientôt en mesure de lire le livre dans son entièreté !

Le processus d’éditiond’un livre etant assez long, je vous tiendrai au courant pour la suite des événements.

Bonne nouvelle, chers lecteurs! Isashot776-300x225

Votre auteur,

 

Isabelle Esling

23
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 4:11 | Pas de réponses »

Copyright 2012©by Isabelle Esling

SOUS LE CIEL DE PARIS P.59-61 LOUIS-BLANC-300x200

 

 

 

 

 

LOUISETTE, 65 ans, LOUIS BLANC, 10eme arrondissement

 

LOUISETTE
65 ans, quartier Louis Blanc, 10e arrondissement
Je suis Louisette, une petite Parisienne de 65 ans à
la retraite. Je suis née à Paris, après la guerre, en
1947. J’ai habité dans différents arrondissements. J’ai
passé mon enfance dans le 19e, dans le très joli quartier
de Botzaris, près du parc de Buttes-Chaumont.
J’ai été éduqué à l’ancienne, je suis un peu « vieille
France » comme on dit. Mes parents étaient de la petite
bourgeoisie, bien confortable. Mon père était avocat
et gagnait bien sa vie, et ma mère s’occupait de
mes frères et soeurs.
Son propre père, mon grand-père maternel, lui
avait laissé un héritage confortable, ce qui lui permettait
de mener une très belle vie avec son mari. Nous
étions toujours lavés de la tête aux pieds, soignés,
parfaitement coiffés et probablement les enfants les
mieux habillés du quartier.
J’ai été institutrice aux Batignolles jusqu’à ma retraite.
J’ai toujours été une enseignante sévère mais
juste, et je pense que j’ai toujours réussi à gagner le
respect de mes élèves. Quand je suis partie en retraite,
ma dernière classe m’a fait un très joli cadeau, une
petite horloge sculptée en bois que j’ai mise dans mon
salon en décoration. J’ai la chance actuellement
d’occuper un F3 à moi seule, dans la rue Lafayette.
J’aime beaucoup le quartier Louis Blanc, avec ses
marchands de fruits et légumes asiatiques, ses cafés,
sa coquette architecture et sa proximité avec la gare
de l’Est.
J’ai un magasin ED tout près de mon domicile, et
j’y fais souvent des petites emplettes. L'un des cais146
siers arabes, Rachid, est fort sympathique, et je
m’arrête souvent pour lui faire un brin de causette. Ce
qui est vraiment bien quand on est à la retraite, c’est
qu’on peut prendre le temps de vivre. Comme
j’apprécie cela !
Maintenant, j’ai le temps de m’asseoir au café du
coin, d’écouter la musique qu’on joue au bar, de
prendre une petite pâtisserie en savourant mon café.
Je vis seule, je n’ai personne qui m’attend à la maison,
donc je peux prendre le temps également de me mitonner
des petits plats bien savoureux, ou des gâteaux
dont je connais les recettes.
Beaucoup de personnes pensent qu’à 65 ans, nous
menons une vie végétative, mais ce n’est pas vrai, en
tout cas, pas pour moi. Je ne me suis jamais sentie
aussi active, tout en étant hors de la vie active.
Le mardi soir, je vais au bridge avec mes copines
Huguette et Jeanine. Le lundi et le mercredi sont généralement
pris par l’Université du 3e âge. Je me suis
inscrite à la Sorbonne où j’étudie l’histoire des civilisations
anciennes.
Mes frères et soeurs habitent en province, donc on
se voit assez rarement. Mon mari Albert est mort il y
a 5 ans.

 


11
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 6:48 | Pas de réponses »

Julien est un petit Parisien de 12 ans vivant dans le 18 eme arrondissement, a Chateau Rouge, plus exactement…Il devait frequenter le college Dorgeles, mais par manque de place, il a ete affecte a Jacques Decour, dans le 9eme arrondissement…Julien nous decrit son college et sa vie apres l’ecole…

Copyright©2012 Isabelle Esling


SOUS LE CIEL DE PARIS P.121-123 jacques-decour






                                                                                                           JACQUES DECOUR

Mon collège s’appelle Jacques Decour, il est situé
dans le 9e arrondissement. Normalement, je devais
aller à Dorgelès, dans le 18e, mais ils n’avaient plus de
place. J’ai donc commencé mon année de 6e avenue
Trudaine.
Jacques Decour est un collège un peu ancien ; il
possède de nombreuses arcades et des jardins fleuris.
Il a sûrement abrité un couvent autrefois, à en juger
par sa structure architecturale.
Jacques Decour était professeur d’allemand dans
cet établissement scolaire dans les années quarante. Il
a été un résistant engagé, et c’est pour cela que mon
collège porte son nom. Mon collège est également
réputé pour avoir accueilli le grand peintre Édouard
Manet.
J’ai appris tout ça en cours d’histoire et je me sens
flatté que de grandes personnalités aient fréquenté
mon collège. Le collège, ça a été un sacré chambardement
pour moi par rapport à l’école primaire. On
change de salle tout le temps. Il y a un prof par matière
et tellement de devoirs, des devoirs à n’en plus
finir !
Le prof de maths, je l’aime bien. C’est Monsieur
D., un professeur d’origine maghrébine. Il est très
sympa, il blague tout le temps avec les élèves tout en
s’assurant de leur intérêt pour sa matière. Il arrive à
nous intéresser à la subtilité des mathématiques, sans
trop nous prendre la tête pour autant. Je suis plutôt
moyen mais je m’accroche. Quelquefois, le collège
c’est un peu casse-pieds. Le CPE, Monsieur P., est
très exigeant et il ne laisse rien passer. J’essaie donc
de ne pas le contrarier. J’évite de croiser son chemin
quand je peux.
Mon meilleur pote, c’est Farid. Il est algérien. Il
adore s’amuser en classe. Il est souvent collé car il
parle trop. On a beaucoup de délires ensemble, et
123
lorsque le temps le permet, on traîne ensemble au
square d’Anvers avant de reprendre le chemin de la
maison. Lui, il habite rue Pigalle, alors quand nous
rentrons nous prenons des chemins opposés.
J’ai vu dans la rue le garçon de l’hôtel Meliti aujourd’hui.
C’est drôle de le voir là. Je ne sais pas s’il
m’a reconnu, mais il m’a regardé. Il doit être en 5e.
Comme il était avec ses potes, je n’ai pas trop osé engager
la conversation. Quand il est avec ses copains,
il a l’air plus joyeux qu’à l’hôtel Meliti. Enfin j’ai vu
une ébauche de sourire se profiler sur son visage.
Aujourd’hui, en traversant le boulevard de Rochechouart,
je me suis arrêté pour observer des artistes
de rue, une bande de jeunes qui faisaient de la danse
hip-hop. C’était génial, et j’ai sacrifié 50 centimes
pour leur caisse. J’aimerais avoir leur agilité et me
mouvoir avec souplesse comme eux ! Une vieille dame
a voulu arrêter le spectacle parce qu’elle les prenait
pour des voyous, mais la foule enthousiaste l’a remballée
et elle est repartie en ronchonnant.
Ce soir, j’ai rendez-vous chez le coiffeur africain, au
boulevard Barbès. J’ai failli oublier. Me voilà donc qui
fonce, la langue pendante, haletant, vers le numéro 74
du boulevard Barbès, où Merlin, un coiffeur africain,
m’accueille. Ah, les coiffeurs africains de Barbès ! Ce
ne sont pas des coiffeurs comme les autres. Ils ont la
langue bien pendue, débattent de politique entre
autres choses… Leur salon de coiffure est un lieu très
vivant où l’on parle et bouge en musique, tandis que
les gens échangent leurs points de vue sur la vie.
Deux heures plus tard, me voilà ressorti, mes cheveux
raccourcis de quelques centimètres et les oreilles
pleines de musique africaine, de paroles et de gaîté. Je
124
rentre chez moi me préparer un petit bol de chocolat
chaud, que je dégusterai seul devant la télé.
8
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 6:01 | Pas de réponses »

Asher Benhamou vient d’avoir 16 ans…il ne supporte plus les rituels et les obligations que sa famille juive orthodoxe, lui impose sans arret.

 

Copyright 2012© Isabelle Esling

 

SOUS LE CIEL DE PARIS, P.37-38 sebastopol-300x200

 

Quand je suis rentré, le samedi soir, mon père me
faisait la tête et ma mère m’a demandé pourquoi je
n’avais pas célébré Shabbat avec eux.
- Parce que je m’en fiche !!! ai-je répondu en claquant
la porte de ma chambre.
Ma mère, qui est une femme fort peu diplomate,
revint à la charge en frappant à la porte de ma
chambre :
- Asher… C’est à cause de cette goya, Aline ? Je
t’interdis de la revoir ! Elle va te pervertir et
t’emmener loin des Commandements de notre Seigneur
! Tu seras maudit selon notre religion si tu
continues ainsi !
- Maman, je n’ai plus quatre ans, OK ? Ça fait des
années que je me farcis vos rituels à la noix, qui me
paraissent vides de sens. Qu’avez-vous de plus que les
non-juifs ? Vous êtes juste plus arrogants parce que
vous pensez que vous êtes spéciaux… Mais vous ne
l’êtes pas. On ne l’est pas. Moi, je me sens un homme
ordinaire, qui est obligé de porter une kippa 24 heures
sur 24 pour vous faire plaisir. Le monde dehors ne
fonctionne pas de façon archaïque comme le vôtre ! Le
37
week-end, les gens vivent à fond, ils s’éclatent, ils
vivent vraiment leur vie. Et puis, moi j’aime Aline.
Qu’elle soit juive ou non, j’ai des sentiments pour elle.
Mes sentiments vous en faites quoi ? Je dois fréquenter
une juive pour vous faire plaisir ! Après ça,
l’honneur sera sauf, c’est ça ? Vous êtes des monstres !
- Oi va Voi ! Malheur de malheur, qu’est-il arrivé à
mon fils ? Tu es juif, souviens-toi ! Tu dois respecter
nos traditions, et c’est normal que tu épouses une
juive, car avec ta future femme, vous reprendrez les
affaires de papa !
- C’est le cadet de mes soucis ! Est-ce que tu t’es un
jour préoccupée, dans ta tête de sale égoïste, de ce que
moi je voulais faire dans la vie ? Et si je n’avais pas
envie de reprendre l’affaire de papa ? Demande à
Shimon, lui, il a toujours aimé les chiffres et le business,
moi tu sais très bien que je veux être écrivain !
- Écrivain ce n’est pas un métier ! me dit ma mère, et
dans ces moments-là je la déteste encore plus.
- Et Primo Levi, alors ? C’était un écrivain juif, il me
semble !
- Primo Levi a écrit pour enseigner sur la Shoah,
comment oses-tu ?
- De toute façon, dans deux ans, je ferai ce que je
voudrai… Tu ne pourras pas m’en empêcher !
Et voilà, ma mère me refait ses gros yeux et sa tête
de sainte-nitouche offensée. Je suis déterminé à me
soustraire à cet environnement dès que je pourrai. Je
veux vivre ma vie, à ma façon. Après tout, je vis à
Paris, pas en Israël. Plus je cherche à m’en évader,
plus je me heurte à des murs d’intolérance, des murs
qui me paraissent si hauts qu’il faudrait un tank pour
les renverser.

 

Joshua, mon frère de 21 ans, est le seul à me comprendre,
et quand il est là, je me confie à lui. Il habite
à quelques mètres, dans la rue des Petits Carreaux. Je
le vois clandestinement car ma famille lui a interdit
tout accès à la maison. Joshua a épousé une goya, ce
qui a fait un drame et mon père l’a chassé.
Mais Joshua avait déjà un emploi dans la petite
boutique de vêtements d’un ami, dans le 2e, et cela lui
était bien égal. Jackie, sa femme, le rend très heureux
et elle lui a donné deux petites filles, des jumelles :
Carla et Donna. Dès que je suis en pause déjeuner au
lycée, ou alors après la classe, je file voir Joshua,
quelquefois en compagnie d’Aline. Je suis toujours
reçu chaleureusement et Jackie me prépare un de ses
délicieux sandwichs au thon dont elle a le secret :
jamais je n’en ai mangé d’aussi bons !
Si je quitte le boulevard de Sébastopol, ce qui me
manquera le plus, c’est notre agréable et lumineux
salon, avec ses canapés en cuir, son opulent mobilier,
ses nombreuses plantes vertes, ses épais rideaux et
ses grandes baies vitrées à la parisienne, donnant sur
le boulevard si animé. J’aime notre bel aquarium, avec
ses gros poissons rares de l’Atlantique et ses algues.
Ma merveilleuse chambre, avec son lit trois places
et ses fenêtres donnant directement sur les toits parisiens,
va terriblement me manquer aussi. J’aime ce
confort, j’aime ce bureau aux multiples tiroirs sur
lequel reposent PC, imprimante, scanner. Grâce à
Internet, je me sens connecté au monde extérieur
quand je reste à la maison. J’aime ses murs blancs et
sa décoration sobre…


4
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 9:48 | Pas de réponses »

Voici un episode de la vie de Nathalie, qui galere dans les rues de Paris…

SOUS LE CIEL DE PARIS, P.109-111 mw02r_paris_lachapelle1-300x253

 

 

 

 

Copyright©2012 Isabelle Esling

 

« Je marche dans tes rues. Tes trottoirs
m’aiment un peu trop »
S’il y a une chanson qui parle de moi, c’est Paris de
Marc Lavoine. Paris m’a laissée sur son pavé… et je
souffre. Mais, pour les passants je n’existe pas, même
pour ceux qui me donnent une pièce ou deux, histoire
de soulager leur conscience. Chaque minute est un
combat pour la survie.
Se déplacer en métro à Paris, ce n’est pas un problème.
Voler le métro, quoi de plus facile. Et les SDF,
personne ne les arrête, car on sait très bien qu’ils ne
paieront pas d’amende. Où enverrait-on la facture de
toute façon…
Dans le métro, j’essaie à chaque fois de récolter
quelques euros, ils sont essentiels pour mon quotidien.
Je m’arrange toujours pour être propre, cela
m’attire plus de sympathie, en particulier des touristes
qui sont souvent plus généreux.
La prochaine fois, passant, touriste, Parisien, Français
ou étranger, quand tu croises un SDF faisant la
manche, pense que même les SDF doivent laver leur
linge, payer leur douche, pouvoir s’offrir un petit café,
car les ballades dans Paname à longueur de journée,
surtout les jours de pluie, ça vous ronge de
l’intérieur… Et toi le Parisien, bien installé dans ton
appartement de luxe du 16e ou dans ton appartement
ordinaire du 18e, la prochaine fois que tu voudras te
110
plaindre d’un sujet quelconque, en particulier s’il
s’agit de ton logement, pense à des gens comme moi
qui n’ont pas cette chance d’avoir un toit, et sois un
peu reconnaissant à la vie.
Manger dans Paris, ce n’est pas un gros problème,
il y a toujours des associations caritatives, qu’elles
soient catholiques, juives ou musulmanes. Je me
nourris souvent à la Chorba pour tous en hiver, c’est
particulièrement bon. Quelquefois, je mange chez les
juifs de la rue du Chevalier-de-la-Barre, à Montmartre.
Moyennant deux euros, on a droit à un repas
complet. Dieu sait que j’en ai besoin.
Le plus difficile, c’est l’hébergement ; trouver où
crécher la nuit peut s’avérer un véritable challenge.
Ce qui est aussi très difficile pour moi, c’est que la rue
est surtout un monde d’hommes, et c’est quelquefois
très rude. Ça m’a énormément endurcie.
Il y a Patrick le Belge, avec ses deux chats roux,
Moussa et Farid, deux Algériens qui squattent
chaque espace du pont de Stalingrad, et Gérard, dit le
Râleur. Ces gars-là dorment au même endroit que
moi et ils me protègent, comme Boubalou, de toute
personne qui voudrait me faire du mal pendant la
nuit. J’ai beaucoup de chance d’être sous leur protection.
« La rue, ce n’est pas fait pour toi, Nathalie, m’a
dit Moussa… Nous, on est vieux, usés, on a roulé
notre bosse dans Paris, on s’est frottés à tout. Toi, tu
es encore jeune, tu mérites mieux. »
Un jour, je suis tombée très malade. Une SDF malade
est transparente pour les passants. Une SDF
malade, c’est forcément une alcoolique, une droguée,
une pute, bref une personne aux mauvaises moeurs. Je
suis tombée dans la rue, en plein Paris, près du musée
111
du Louvre. J’étais étendue sur le sol avec mon chien
qui gémissait à mes côtés, et personne ne s’arrêtait.
Monsieur Bon-chic-bon-genre était trop occupé avec
sa Belle à faire ses emplettes, et le temps passait. Je
crois que je suis restée inconsciente une vingtaine de
minutes. Une habitante du quartier a fini par remarquer
que quelque chose ne tournait pas rond, et elle a
alerté les pompiers. J’ai été transportée d’urgence à
l’hôpital Lariboisière, où l’on m’a fait des analyses de
sang et d’urine.
Infection pulmonaire, tel a été le diagnostic des
médecins, et probablement début de diabète de type 1.
On m’a demandé où j’habitais, et j’ai répondu d’une
voix faible : « dans la rue, dehors ». Le médecin m’a
regardée avec un air sérieux et m’a dit : « Madame,
vous êtes très malade, vous ne pouvez plus rester
dans la rue."


3
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 7:21 | Pas de réponses »

Vos commentaires, chers lecteurs... Isabelle-shot1-300x225

 

 

Vos commentaires sont les bienvenus…votre feedback m’est tres precieux…merci de me donner votre appreciation au fur et a mesure de vos lectures,

Isabelle

1
mai 2012
Posté dans livre par isaparis75 à 7:38 | 2 réponses »


A
RTHUR, 40 ANS, ECRIVAIN AMERICAIN, rue Tiquetonne,2 eme arrondissement

AUTEUR : Isabelle Esling © 2012

 

 

 

 

SOUS LE CIEL DE PARIS, EXTRAIT P.47-49 Coiffeur-Vintage1_via-the-bestparis-300x200

 

 

ARTHUR
40 ans, rue Tiquetone, 2e arrondissement
Salut, moi c’est Arthur. J’ai 40 ans. J’ai toujours
voulu être écrivain, depuis tout petit. Quand on me
demandait ce que je voulais faire, je répondais : « I
want to be a famous writer living in Paris ». Je veux
être un écrivain célèbre vivant à Paris, c’est ainsi que
je me définissais, et c’est ce que, par la grâce de Dieu,
je suis devenu.
J’ai grandi à San Diego, en Californie, un des coins
les plus pittoresques au monde. Mon père, Henry
Bailey, m’a communiqué sa passion de l’écriture.
Quand j’étais petit, il m’emmenait visiter plein
d’endroits, en particulier à la campagne, et il me demandait
de décrire ces endroits dans le moindre détail.
Avec ma minutie d’enfant qui avait l’oeil partout,
j’étais capable de décrire le plumage varié d’un oiseau
rare aussi bien que l’architecture particulière d’une
maison colorée.
Dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à inventer des
petites histoires dans lesquelles la place du héros était
tenue par divers animaux. Les plantes, les cactus et
les lacs étaient personnifiés et se transformaient, à ma
guise, en génie bienveillant ou en monstre terrifiant.
Mon père était un lecteur avide de ces contes illustrés
par mes propres soins, et il me rémunérait
50 dollars par conte. Ce fut mon premier salaire
d’écrivain.
En grandissant, j’ai appris beaucoup de choses sur
le monde de la presse, car un de mes oncles, Charles,
était éditeur d’un petit journal local. C’est lui qui m’a
ouvert les portes de la profession comme stagiaire
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rémunéré, et qui m’a permis de progresser dans la
profession de journaliste grâce à son vaste réseau
relationnel. J’ai même pu vendre au Los Angeles Times
des petites histoires qui intéressaient pas mal de
monde.
Pendant mon temps libre, au lieu de rester devant
la télévision, je partais m’installer dans un parc et
j’écrivais des nouvelles et des contes.
J’avais à peine 19 ans quand mon premier livre fut
publié. C’était un livre de contes pour enfants et il
s’appelait The Intrepid Wolf. La couverture représentait
un loup gris, debout, avec de petits yeux malicieux
et une casquette rouge.
Les gens se l’arrachaient car il était simple, bien illustré
et plein d’humour. Tous les enfants à la ronde
voulaient un exemplaire d’Intrepid Wolf. Mon livre a
été très vite un best-seller, j’en ai vendu plus d’un
million d’exemplaires. J’ai fait plusieurs tournées aux
États-Unis pour le présenter. J’ai signé de nombreux
autographes à mes avides petits lecteurs. Tout le
monde voulait son Intrepid Wolf d’Arthur Bailey, dûment
signé s’il vous plaît !
Mon livre a finalement été acheté par de nombreuses
écoles primaires et mis à la disposition
d’enfants réfractaires à la lecture. Grâce à mon personnage
et à l’histoire qui se développait autour de
lui, les enfants faisaient des progrès foudroyants en
lecture. Les revues de presse m’attribuaient des qualités
exceptionnelles d’auteur. On disait que je maniais
la langue anglaise avec une dextérité fantastique.
Il faut dire que j’ai toujours aimé les mots. Quand
on y pense, c’est très puissant un mot. C’est pour ça
également que je me suis toujours intéressé aux
49
langues étrangères. J’ai appris le français, l’allemand
et l’espagnol, langues que je parle presque couramment
aujourd’hui. Cela m’est d’ailleurs très utile de
savoir le français, puisqu’aujourd’hui que je vis à Paris
cette langue est mon moyen principal de communication
avec le monde extérieur.
Après The Intrepid Wolf, j’ai écrit Californian Novels
et Fantastic Feerie, qui ont également été de grands
succès. Mais j’ai toujours rêvé de venir m’installer à
Paris. J’aime la culture française, la littérature et
l’histoire de ce pays. Paris a toujours été ma destination
de rêve.


29
avr 2012

 

SOUS LE CIEL DE PARIS: EXTRAIT PAGE 89 ET 90 defenseur-temps

Voila un petit extrait de mon recueil de nouvelles…vous y decouvrirez Billel, un Algerien de 65 ans qui habite en plein coeur de Paris, dans le 3eme arrondissement. Il partage sa vie et ses sentiments…

Je precise que toute reproduction de cet extrait, meme partielle est formellement interdite. Mon manuscrit est protege par mon copyright et par une empreinte digitale. Merci de respecter mes droits d’auteur.

                                                     *

 

BILLEL
65 ans, rue Saint-Martin, 3e arrondissement
Salut, moi c’est Billel. J’ai 65 ans, je suis né à Oran,
en Algérie. Aujourd’hui, j’habite dans un immeuble
HLM en plein coeur de Paris. Qui l’aurait cru, l’OPAC
a des logements sociaux rue Saint-Martin… Moi non
plus je n’en savais rien, jusqu’à ce qu’un ami me pistonne
auprès de la mairie du 3e. On a beau dire, le
piston c’est utile dans toutes les situations. Allocations
logement déduites, je paie un modique loyer de
45 euros, et en plein coeur de Paris, j’avoue c’est un
cadeau pour quiconque connaît le prix du m² dans la
capitale.
Le Centre Pompidou, le quartier de l’Horloge, les
Beaux-Arts et le quartier des Halles font partie de
mon quotidien. Je suis retraité, célibataire, et du
temps j’en ai à revendre. J’achèterais bien un peu de
jeunesse contre mon temps, mais malheureusement,
la jeunesse fait partie de ces choses que le temps avale
férocement et ne vous rend pas, surtout quand votre
corps a été mis à rude épreuve par le travail manuel.
J’ai grandi à Oran, ville où le soleil est roi. J’ai eu
une enfance heureuse. Mon père avait plusieurs troupeaux,
ce qui est un signe extérieur de richesse chez
nous. On a cohabité avec la communauté juive jusqu’à
ce que la guerre d’Algérie les chasse du pays. Puis,
dans les années soixante-dix, le gouvernement français
a eu besoin de main-d’oeuvre étrangère. Ma famille
a pensé que ce serait une bonne idée pour moi
d’aller en France. J’ai débarqué à Marseille et j’ai pu
me loger dans un foyer pour travailleurs immigrés.
La belle vie en France ? Tu parles… J’ai fait les bou90
lots les plus sales, de nettoyeur de toilettes jusqu’à
éboueur. Puis j’ai décidé d’apprendre la maçonnerie.
Les chantiers, c’est très dur, et le patron vous crie
dessus sans arrêt.
Puis j’en ai eu marre de Marseille. La chaleur était
étouffante, dans mon quartier il n’y avait que des immigrés
en galère, comme moi. Je me suis mis à rêver
de Paris. Avec mon pote Ali, on est monté sur Paris.
On a dormi deux nuits dehors car on ne savait pas où
aller. Finalement, on a trouvé deux chambres dans un
hôtel miteux, tout près de la gare de l’Est. Ensuite, un
de nos contacts, un Arabe également en transit, a
réussi à nous faire héberger chez des connaissances.
C’était étroit, on dormait sur de vieux matelas, mais
on avait l’illusion d’être en famille. On m’a proposé
des chantiers en banlieue, c’était très dur. Je passais
douze heures minimum dehors, par tous les temps,
avec un patron obèse qui nous hurlait dessus sans
arrêt.
Les week-ends, on les passait dans un vieux café
arabe, à boire du thé à la menthe et à parler de nos
pays. Quelquefois, j’étais invité dans les familles de
mes potes mariés. Mais il y avait quelque chose qui
me gênait dans ce genre de mariage. Mes potes reproduisaient
leurs habitudes du bled en France : les
femmes étaient enfermées à la maison, entre la cuisine,
le ménage et les enfants. Je n’avais pas envie de
vivre comme ça, moi. J’avais encore moins envie d’un
mariage arrangé. Bien sûr, j’étais musulman pratiquant
mais j’avais envie qu’une femme m’aime et
m’épouse par amour. Je la voulais moderne même, et
surtout si elle partageait mes croyances religieuses.
91
Au début, j’étais très motivé pour aider ma famille
restée à Oran. Je leur envoyais la moitié de mon argent
chaque fois que je le pouvais. On s’est beaucoup
écrit, et je recevais des colis d’Algérie. Puis ma famille
a voulu me marier de force à une fille de 15 ans qui
s’appelait Rachida. On m’a envoyé des photos, elle
m’a écrit une paire de fois. Mais je ne l’aimais pas, et
puis j’avais pris des habitudes d’Occidental à Paris.
J’avais 35 ans maintenant, j’étais déjà sorti avec plusieurs
filles, arabes et françaises, et j’aspirais à un
amour plus libre, sans trop de conventions religieuses.


 

Isabelle Esling’s Copyright:

 

©

 

****************

 

 

Copyright :: All Rights Reserved

 

Registered :: 2012-04-22 20:26:13 UTC

 

Title :: SOUS LE CIEL DE PARIS

 

Category :: Novel

 

Fingerprint :: 6dbda1d9622a396083ee17b87be5f9af922ee3da569842a312281c95ff52a759

 

MCN :: CLUJQ-4WNGL-X84BA

 

29
avr 2012
SOUS LE CIEL DE PARIS: LES PERSONNAGES
Julien est un petit Parisien de 12 ans, bien dans ses basquets, qui habite à Château Rouge, dans le 18eme arrondissement. Le hasard a voulu qu’il soit affecté au collège Jacques Decour. Il se sent bien avec ses potes, dans son quartier. Sa seule hantise est que ses parents déménagent en banlieue, s’ils décident d’avoir un autre enfant. Julien pourra-t-il rester dans son quartier ?
Horst Werner est un Allemand francophile qui a toujours voulu vivre à Paris. Il a une grande passion pour la photographie et aime photographier le « Paris insolite ». La vie dans la Capitale lui sourit, c’est ici qu’il rencontre la femme de sa vie…
Billel est un Algérien de 65 ans, de santé fragile, un peu blase par rapport à la France. Il vit dans un logement social en plein cœur du 3eme arrondissement. Il a beaucoup de regrets par rapport à sa vie sentimentale…
Sophie, 45 ans, vit dans le 20 eme arrondissement. Ancrée dans une profession stable, elle se retrouve du jour au lendemain confrontée à une situation difficile : son propriétaire la met en demeure de partir, car il veut récupérer son appartement au plus vite. Sophie retrouvera-t-elle un appartement à Paris ?
Bastien est Senegalais. Il a 31 ans et sa vie a déjà été parsemee de pas mal d’embuches. Il y a quelques annees, il  a perdu la femme de sa vie, a la sante fragile, dont il a eleve l’enfant.
Confronte a la douleur du décès de sa compagne, devenu clandestin a  cause de sa situation personnelle, Bastien devra se séparer de sa petite fille ( qui biologiquement n’est pas de lui).
Un jour, il décidé de mettre fin a ses jours…aura-il une deuxième chance ?
Asher est juif issu d’une communauté orthodoxe dans le 2eme arrondissement. Il vient d’avoir 16 and et il remet en question les valeurs religieuses de ses parents. De surcroit, il est amoureux d’Aline, une non-juive. Leur amour a-t-il un avenir ?
Francine est concierge dans le 16eme. Elle a 57 ans et a tendance a beaucoup se mêler de la vie des habitants de son immeuble, a tel point qu’elle oublie de vivre sa propre vie…
Mehdi est marocain.. Il a 31 ans Il est homosexuel et habite le Marais. Une femme fort séduisante, Melissa, a decide de le séduire…y arrivera-t-elle ?
Nathalie s’est retrouvee SDF a Paris du jour au lendemain. Sa seule compagnie : un chien berger du nom de Boubalou et quelques clochards…Elle squatte souvent la Chapelle. Paris la laissera-t-elle sur son pave ?
Louisette est une Parisienne cossue du 10eme arrondissement qui décidé un jour de mettre son argent à contribution pour fonder une association pour les grand-mères et petits enfants en détresse…
Arthur est un écrivain de grande renommée aux États Unis qui s’est lance un défi : il aimerait écrire des livres de qualité semblables à ceux qu’il a publiés aux États-Unis en langue française. Il trouvera l’amour et l’inspiration rue Tiquetonne, dans le 2eme arrondissement.
Zoe vit dans le 19eme arrondissement. Officiellement au chômage, officieusement en relation avec une rock star américaine, elle vise le confort financier.
Inès a beaucoup travaille pour obtenir son CAPES de Français. Ayant été reçue a son concours, elle demande sa mutation a Paris ou elle partage son émerveillement pour la Ville Lumière avec ses élèves…
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